Skilltroc bien transmettre à distance

Même si transmettre à distance une compétence, un savoir, une expérience est possible depuis les débuts de Skilltroc, cette activité connaît un effet d’accélération depuis que Zoom, Teams, Google Meet ou Jitsi (pour ne citer qu’eux) ont pris une place hégémonique dans nos quotidiens de télétravailleur.se.s. Bien que ces outils de vidéoconférence existent depuis plusieurs années, leur récent usage massif met en évidence, les contraintes de cette modalité d’animation.

Peut-on transmettre de la même façon en présentiel qu’en distanciel ? Quelles sont les 5 erreurs que nous risquons de faire ?

Transmettre à distance / L’erreur n°1 “La visionite”

À enchaîner les vidéoconférences toute la journée, on se réjouit de participer à un événement qui ne ressemble pas à une énième réunion Zoom ! Alors, ne tombez pas dans le piège de donner à ce moment de partage et de transmission des airs de meeting d’équipe.

N’hésitez pas à organiser quelque chose qui vous ressemble. Cassez les codes, surprenez, détendez l’atmosphère et faites en sorte que tout le monde passe un bon moment. Dans vos critères personnels d’auto-évaluation de l’atelier, n’hésitez pas à placer la convivialité dans votre top 3 !

 

Transmettre à distance / L’erreur n°2 “Le copier-coller”

Ne faites pas l’erreur d’envisager une transmission en présentiel et en distanciel de la même façon ! Même si c’est le premier réflexe  ! On ne peut pas être tous ensemble dans la même pièce, ce n’est pas grave, délivrons tout de même le même contenu. Bien sûr, cette approche permet de gagner du temps : on garde le même programme, les mêmes slides que si on devait le faire en face à face ! Mais nous n’agissons pas de la même façon dans les deux cas et il est important d’adapter la séance (ou l’atelier) en fonction de ces comportements. L’attention, la mobilisation physique, mentale, les attentes, la participation, toutes ces variables importantes vont changer à travers l’écran.

Le numérique propose de nombreuses activités numériques interactives qui utilisent, en la détournant, notre tendance à avoir notre téléphone portable greffé à notre main. Actuellement sur Netflix, le très bon documentaire « The Social Dilemma », nous informe de la manière dont les GAFAM utilise notre temps d’attention. Et si nous utilisions ces techniques pour un usage qui serait celui-ci de la formation et de l’apprentissage ?

Le numérique reste un puissant levier d’animation qu’il faut un peu dompter. Utilisez-le pour faire des activités que vous ne pourriez pas, ou moins facilement faire dans une salle. Et souvenez-vous : privilégiez les groupes à taille humaine. En effet, les neurosciences nous enseignent beaucoup dans le cadre du E-Learning et du Peer-Learning. Si vous devez : transmettre, mettre en pratique et vérifier les acquis lors de votre atelier, alors composez des groupes de maximum 10 personnes si vous êtes un.e seul.e animateur.trice.

En effet, d’après cet étude de National Geographic, plus le nombre de participants est élevé plus ça augmente le nombre d’informations à traiter pour le cerveau et diminue l’attention potentielle des participant.

Transmettre à distance / L’erreur n°3 “Pas vu, pas pris”

Les professeurs se sont cognés à cela pendant tout le confinement, déployant des trésors d’imagination pour : garder l’attention des élèves. Dans les nombreux enseignements, un point essentiel : voir et garder le contact visuel avec les participants. Ne cédez pas devant la tentation qu’auront les inscrits à mettre OFF leur caméra. Montrer sa présence en continu active une spirale vertueuse : attention, motivation, participation. Il est important que cette consigne soit connue avant l’atelier. N’oubliez de la mentionner. Cela permettra aux participants qui ne souhaitent pas montrer leur intérieur, de flouter ou mettre un fond virtuel. Cette fonction est présente sur la plupart des plateformes de videoconférence. Elle est également disponible dans les salles de videoconférence disponibles sur Skilltroc.

N’hésitez pas à jouer avec la caméra. Vous pouvez animer votre atelier en vous servant des deux modes “allumée, éteinte” de la caméra. Posez par exemple une série de questions en entonnoir et demandez aux personnes non concernées d’éteindre. L’occasion aussi d’organiser des quizz : “ON” = je sais répondre // OFF “je ne sais pas”. Le champ des possibles est large et la créativité a toute sa place !

 

Transmettre à distance / L’erreur n°4 “Trop, c’est trop “

Attention de ne pas surcharger cognitivement vos participants. Vous risquez de les ennuyer ! Et une fois l’écran éteint ou le téléphone en main, vous les avez perdus pour de bon ! L’interaction homme-machine ne provoque pas les mêmes effets. Ce nouveau terrain de jeu est d’ailleurs au centre de certaines disciplines comme les neurosciences et sciences cognitives. Quels sont les principaux inconvénients ?

Cause n°1: Le regard moins dirigé implique un déficit d’attention et un manque d’intérêt

Le regard de l’autre active chez nous des zones spécifiques de notre cerveau. Phénomène peu connu mais mis en lumière par les neuroscientifiques : “si vous regardez quelqu’un d’autre droit dans les yeux, vous lui apparaissez comme si vous ne le regardiez pas correctement. Pour y parvenir, vous devez regarder le côté droit de la caméra».Et c’est ce décalage qui participe à un déficit d’attention chez votre interlocuteur. Les regards ne sont plus synchrones, et cela a un impact direct sur notre capacité à gérer l’information. Il faut donc se forcer à bien regarder sa caméra.

De même, les expressions du visage qui valident certaines intentions sont plus difficilement identifiables, surtout quand la multiplication des interlocuteurs dans un même écran réduit la taille de son visage à celle d’un timbre-poste. «Nos esprits sont ensemble mais nos corps sentent que nous ne le sommes pas. Cette dissonance, qui fait que les gens ont des sentiments contradictoires.

Cause n°2 : L’absence de corps dans la communication digitale demande un effort important de concentration

La communication non-verbale est très largement impactée par la communication à distance. Dans nos échanges naturels, nous avons tendance à oublier que toute une dimension non-verbale est en jeu, que le langage de notre corps participe activement à notre façon de communiquer. Or, sans que nous en soyons conscients, cette dimension s’efface avec l’outil de visioconférence. En effet, vous avez besoin de compenser l’absence d’informations corporelles et comportementales en vous concentrant davantage sur le paraverbal (le ton et la voix) et le discours (les mots). Les informations faciales étant, quant à elles, plus difficiles à identifier. Tout cela concourt à un effort cognitif beaucoup plus important qu’habituellement. Les Zooms et les Teams qui durent des heures sont donc à proscrire.

Comment y remédier : le volontariat ! En mettant le participant dans une disposition de choix conscient d’être là, vous allez transmettre vos connaissances lors de votre atelier, dans des dispositions optimales. Vous allez avoir des personnes motivées qui ont un objectif à atteindre. N’hésitez pas à les responsabiliser en leur attribuant des rôles : gérer les questions dans le chat, faire voter les participants, faire un mind-mapping de la séance…

 

Transmettre à distance / L’erreur n°5 “I hate digital”

Impossible de donner un souffle au groupe à distance si on porte soi-même une vision défaitiste du partage de compétence à distance. L’enthousiasme, la curiosité, l’intérêt pour la nouveauté et le goût d’apprendre doivent aussi être du côté des transmetteurs !

Nous l’avons vu la transmission à distance souffre parfois du manque d’engagement de ceux qui sont censés en être les promoteurs. Cela passe par la qualité des supports. Canva, Jamboard ou Miro peuvent être utiles. Les modèles proposés sur Scenari reposent sur une esthétique sobre, claire et non agressive. C’est aussi une question d’attitude. Les animateur.trice.s doivent s’assurer qu’ils maîtrisent les aspects techniques qui parfois les déstabilisent. Une modalité nouvelle peut aussi être présentée comme l’opportunité d’expérimenter des outils et des modes d’interaction différents.

Voici quelques idées que nous creuserons dans un prochain billet pour profiter de la puissance des outils d’animation disponibles et souvent gratuits, en ligne :

  • Faire un mind-mapping en direct avec MIRO
  • Organiser un brainstorming avec JAMBOARD
  • Faire une présention dynamique avec CANVA
  • Organiser un quizz avec vote sur QRUIZ

Infographie skilltroc Transmettre à distance : les 5 erreurs à éviter peer-learning

Et vous ? Des astuces pour transmettre en distanciel à partager avec nous ?

 

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