résilience systémique

Un besoin de résilience systémique face à l’incertitude

Cette crise nous fait entrer sans transition dans une ère de grande volatilité où l’incertitude et l’imprévisibilité deviennent la règle de manière durable. Comment apprendre à y faire face ensemble, comme un système ? Nous voulions vous présenter une analyse réalisée par PWC et formalisée sous le nom “Regards Croisés : Reconstruire, PWC 2020“. Cette étude aborde le sujet de la résilience, après enquête auprès d’une cinquantaine de grands témoins.

Reconstruire PwC Regards 2020

Profiter de l’incertitude pour se renforcer 

Au-delà de la survie par la solvabilité, une leçon de la crise s’impose parmi les retours : le besoin des entreprises de se transformer maintenant, en devenant plus résilientes.

Le concept « d’Antifragilité », emprunté à Nassim Nicholas Taleb, a régulièrement été évoqué dans leurs conversations. Le philosophe a créé ce néologisme « antifragile » pour exprimer simplement et en un mot le contraire de la fragilité. Pour ce dernier, l’antifragilité ne nous vient pas à l’esprit ; mais, heureusement, elle appartient à notre comportement ancestral, à notre appareil biologique, et elle est une vertu omniprésente de tout système qui a survécu.

Reprenant ce concept, plusieurs des grands témoins interrogés considèrent que les entreprises ne doivent pas seulement résister au choc mais en profiter pour se renforcer et tirer parti de l’incertitude. Au final, ce sont les entreprise “Antifragiles” qui occuperont une place centrale dans l’ère de volatilité.

Intégrer la culture du risque systémique

La capacité à intégrer toutes les formes de risques revient le plus souvent pour caractériser ces entreprises résilientes qui sortiront renforcées de la crise.

En particulier, la capacité des entreprises à imaginer les pires scénarios pour mieux s’y préparer qui est considérée comme un atout crucial. 

Parmi ces risques, il est important d’inclure désormais ceux à faible probabilité, « ceux qui ne sont pas prévus dans les business plans ». Ce manque d’intégration du risque et de l’incertitude est jugé sévèrement car « il nous coûte très cher ». Les personnes interrogées dressent ainsi le constat général d’une impréparation mentale face à cette crise. Une impréparation qui concerne aussi bien les pouvoirs publics que les organisations.

Prendre en compte le long terme

Selon les personnes interrogées, la résilience se caractérise également par la prise en compte du long terme. Une des conséquences anticipées de la crise, c’est la fin de la logique du court-termisme qui prévaut aujourd’hui dans les entreprises. Dans cette logique, ce sont les entreprises qui intègrent le long terme qui seront les plus résilientes. Cette notion de long terme rejoint également les préoccupations environnementales où désormais les risques à 10 à 20 ans sont prévisibles. Risque à long terme et performance à long terme ne s’opposent pas. 

Le risque d’être en retard d’une crise ?

Plusieurs interlocuteurs considèrent cette crise comme la répétition générale d’autres à venir. Ils redoutent un risque de focalisation de la prévention sur une prochaine crise sanitaire, au détriment d’autres risques qui vont devenir plus probables (cyber, écologie…). 

La faillite de tout un système de pensée ?

Plusieurs grands témoins ont indiqué que cette crise, avant d’être sanitaire, est surtout le résultat d’une faillite intellectuelle : celle d’un système poussant la conformité à l’outrance poussant à l’évitement du risque. Dans cette logique, c’est le dogme de la conformité qu’il faut revoir pour opter pour une approche plus pragmatique et faire preuve de rigueur scientifique.

Les entreprises les plus résilientes seront celles qui seront préparées, dans leur culture et dans leur organisation, à l’anticipation des prochaines crises.

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(*) « Antifragile, les bienfaits du désordre », Nassim Nicolas Taleb, Editions Les Belles Lettres

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